Un gros merci à Luc Godbout, fiscaliste, de nous apprendre qu'avec la hausse des frais de scolarité et les modifications au régime des prêts et bourses, un étudiant dont les parents font 45 000 $ par an se retrouvera avec 3 581 $ de plus dans ses poches que par rapport au statu quo.
M. Godbout estime que tous les jeunes dont les parents gagnent moins de 65 000 $ seront plus riches suite à la hausse des frais de scolarité.
On mène encore une fausse bataille. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Je préfère les faits aux intentions. Ils nous permettent de prendre de meilleures décisions.
L'article où l'on fait mention des calculs de M. Godbout peut être consulté dans La Tribune du 1er mai. Il est paru sous la plume de Stéphanie Grammond et porte le titre "Des gagnants et des perdants", en page 6. Cet article aurait dû faire la une du journal puisqu'on dit qu'on manifeste encore pour garantir l'accessibilité. Si on savait compter, le conflit serait terminé.
mardi 1 mai 2012
vendredi 13 avril 2012
Tout le monde peut-il réellement être premier ministre ?
“On ne peut pas comparer un recteur avec un premier ministre. On n’a pas besoin d’une aussi grande qualification pour devenir premier ministre que pour diriger une université. » Voilà les paroles de l’économiste Luc Savard, rapportées par Luc Larochelle. Selon M. Savard, c’est ce qui justifierait que le premier ministre du Québec gagne 175 000 $ par année alors que le recteur de l’université Bishop en fait 250 000 $ et que Réjean Hébert recevait 235 000 $ à titre de doyen de la faculté de médecine de l’université de Sherbrooke.
Cette affirmation n’a de sens que si l’on joue sur les mots, c’est-à-dire si l’on donne au terme qualification le sens de diplôme et/ou d’expérience spécifique sur le marché du travail. Ce résultat s’explique parce que les recteurs sont choisis suite à un affichage de poste où les universités précisent leurs exigences, alors qu’un premier ministre est nommé suite à une élection où tous peuvent se présenter, diplôme ou pas. Dans ce sens, il est vrai que les exigences sont plus grandes pour le recrutement d’un recteur.
Cependant, si l’on considère le travail à accomplir, il est insensé de maintenir que le poste de premier ministre demande moins de qualifications, dans le sens de compétences ou habiletés, que celui de recteur d’université ou de doyen de faculté.
Une des difficultés pour un premier ministre, c’est la multiplicité des domaines d’interventions (éducation, transport, santé, redistribution du revenu, énergie, etc.) et la nécessité de faire des arbitrages entre chacun. Les recteurs, eux, se concentrent sur un champ plus restreint d’interventions : enseignement, recherche, recrutement, financement, pour un seul établissement, et dans un seul domaine principal : l’éducation. La complexité est donc moindre.
Un autre défi pour un premier ministre c’est de porter la responsabilité de l’ensemble de ce qui se fait dans l’appareil gouvernemental et cela 24 heures sur 24, sept jours sur sept et pratiquement 365 jours par année. Et d’en répondre devant les médias. Les recteurs officiant dans un milieu plus fermé et moins étendu font les manchettes beaucoup moins souvent.
Certains diront que ce n’est pas vraiment le premier ministre qui voit à la gestion de l’ensemble de l’appareil gouvernemental et politique puisqu’il est encadré par des ministres et des hauts fonctionnaires. De la même façon, on peut dire que le recteur ne fait pas tout le boulot à lui seul. À l’université de Sherbrooke, par exemple, la rectrice est appuyée dans son travail par six vice-recteurs et un paquet de hauts dirigeants.
Question leadership, encore une fois, la tâche est plus difficile pour un premier ministre que pour un recteur. Pour justifier ses choix, le premier ministre doit aborder des sujets complexes avec une population parfois peu connaissante en la matière et souvent peu intéressée à investir du temps afin de comprendre réellement le fond du problème et tous les aspects reliés à celui-ci. Le recteur, pour sa part, s’adresse généralement à un auditoire avec un niveau de connaissances plus élevé.
Les propos de M. Savard nous font prendre connaissance qu’on sous-estime peut-être le travail qui échoit aux élus politiques et que c’est peut-être la raison pour laquelle les résultats sont parfois décevants. Devrions-nous établir des exigences minimales pour occuper un poste de député, de ministre, de premier ministre, de maire ? Avec la complexification de la société et la présence plus importante de l’État dans l’économie, je pense qu’il serait peut-être temps de se pencher sur cette question. Et alors, peut-être que la logique reprendra le dessus et que le premier ministre aura droit à un salaire plus élevé que les recteurs ou les doyens.
Article paru dans La Tribune.
samedi 14 janvier 2012
L'heure est au compromis
Les régimes de retraite à prestations déterminées sont présentement sous les feux de la rampe en raison des importants déficits qu’ils affichent depuis plusieurs années déjà.
Dans le cas des régimes publics (fédéral, provincial, municipal ou scolaire), il faut se demander à qui il revient de porter ce fardeau financier. Le gouvernement doit-il être le seul à assumer cette responsabilité puisqu’un régime de retraite fait partie des avantages sociaux, ou bien les travailleurs doivent-ils également contribuer ?
Avant même d’aborder le partage des responsabilités, on pourrait songer à enlever le gras des régimes publiques afin d’atténuer les coûts actuels ou futurs. Voici deux exemples.
Tout d’abord, dans les cégeps, par exemple, on pourrait retirer aux gens qui décident volontairement de travailler à temps partiel durant une session le privilège de cotiser à temps plein au régime de retraite. Idem pour ceux qui optent pour un congé à paiement différé. Les professeurs qui se prévalent de ces mesures sont nombreux et le font souvent à répétition. Ainsi, chaque année, le gouvernement doit contribuer pour un nombre plus élevé de personnes que ce qu’il embauche en réalité. Il y a sûrement d’autres mesures excessives de ce type ailleurs dans les organisations gouvernementales. Un ménage s’impose.
Il faudrait également retirer le droit à un employé du gouvernement de prendre sa retraite et de continuer à travailler… pour le gouvernement. Le système de santé, le monde scolaire et la fonction publique regorgent de tels exemples. Il faut comprendre que la valeur du fond de retraite d’un employé varie selon l’âge auquel il prendra sadite retraite. Pour un employé de 55 ans qui jouirait d’une rente annuelle de 35 000 $ à sa retraite, la valeur de son fonds s’établit à 300 000 $ si le travail prend fin à 65 ans, et à 570 000 $ s’il se termine à 55 ans[1]. Bien entendu, c’est le gouvernement qui doit injecter la différence de 270 000 $. Pour un travailleur, il est financièrement avantageux de prendre sa retraite le plus tôt possible et de continuer à travailler : pour le même travail, il reçoit pratiquement deux fois plus d’argent. Il faut comprendre, cependant, que cette façon de faire coûte extrêmement cher au gouvernement et n’a pas sa raison d’être puisque le travailleur n’est pas réellement à la retraite.
Le fait que plusieurs employés gouvernementaux continuent de travailler une fois retraités milite pour un accroissement de l’âge de la retraite. Le gouvernement devrait bouger rapidement à ce chapitre.
Maintenant, en ce qui a trait au partage des déficits, je pense que les employés devraient mettre de l’eau dans leur vin et accepter d’en payer une partie, pour plusieurs raisons.
Premièrement, durant les périodes où les fonds de retraite affichaient des surplus, les employés en ont profité, pas seulement les employeurs : certains ont vu leur taux de cotisation être réduit, d’autres ont vu les avantages de leur fonds de retraite être bonifiés et certains ont même reçu en argent sonnant une partie de ces surplus. Si des avantages ont été attribués durant les périodes d’abondance, il est normal de se partager la facture quand ça va moins bien.
Deuxièmement, les fonds de retraite ont été développés sur la base d’hypothèses qui ne tiennent plus la route : l’espérance de vie s’est allongée et les taux d’intérêts sont à un niveau historiquement bas depuis plus d’une décennie. Il est aisé de comprendre que prévoir des variables qui ont une importance aussi cruciale sur une longue période est un exercice périlleux. Il serait normal d’ajuster les caractéristiques des fonds de pension en conséquence.
Troisièmement, les employés gouvernementaux font partie des gens qui bénéficient de très bonnes conditions par rapport au travailleur moyen. Par équité pour les gens qui travaillent dans le privé à 16 ou 20 $ de l’heure et qui paient des impôts, le gouvernement ne peut être seul à absorber le déficit des fonds de pension. Si un employé du secteur public considère qu’il n’a pas les moyens de payer plus cher pour maintenir son généreux fonds de pension, imaginez comment doit se sentir une personne qui gagne 20 $ de l’heure face à de nouvelles hausses d’impôt rendues nécessaires pour renflouer les fonds de retraite de gens souvent mieux payés qu’elle…
Tant qu’une situation est légale, on ne peut reprocher aux gens de s’en prévaloir, et tout le monde le ferait s’il le pouvait. Il faut cependant que les employés du public mettent un peu d’eau dans leur vin et laissent aller certains privilèges qui n’ont plus raison d’être.
Hélène Dauphinais, économiste, enseignante au Cégep de Sherbrooke
Cet article a été publié dans La Presse et La Tribune du samedi 14 janvier 2012.
[1] Grammond, Stéphanie, « La question à 100 000 $ et plus! », La Presse, 9 septembre 2011, La Presse Affaires, p. 2.
samedi 10 décembre 2011
Serait-ce les râleurs qui ont raison ?
Le maire de Sherbrooke nous apprenait récemment que les revenus du Centre de foires avaient été fortement surestimés par les promoteurs du projet.
Cette admission a créé chez moi un sentiment de malaise récurrent car, en matière de finances municipales, il semble toujours exister un écart énorme entre les projections présentées lors de l’acceptation d’un projet et les résultats obtenus après son implantation. Nos élus n’apprennent pas d’une fois à l’autre? Est-ce que pour accepter un projet il faudrait l’analyser en retranchant 30 % ou 50 % des recettes prévues par les porteurs du dossier ou les consultants impliqués? Est-ce que les conseillers ont les connaissances et le sens critique nécessaires pour évaluer la qualité des projets qui leurs sont soumis? Si oui, l’expérience nous porte à conclure que les élus ne seraient pas là pour gérer sainement les finances municipales, mais pour faire des legs aux citoyens : de beaux jouets (qu’ils ne veulent pas toujours), assortis d’une grosse dette qui devra bien se payer un jour.
Une chose est certaine : la Ville devrait se donner comme ligne de conduite de ne plus faire appel pour une période d’au moins cinq ans aux consultants qui ont présenté des études préliminaires aussi éloignées de la réalité. On obtiendrait ainsi un peu plus de réalisme.
Ce qui me dérange aussi, dans ce dossier, c’est que le maire reporte la faute uniquement sur les porteurs du dossier, qui auraient été beaucoup trop optimistes dans leurs prévisions selon lui. Ce faisant, notre maire se distancie un peu trop de cette mauvaise estimation financière. Pourtant, en tant qu’élu en poste depuis longtemps, il porte une part de responsabilité dans ce dossier, ce qu’il veut faire oublier à la population. A-t-on entendu M. Sévigny contester les projections financières qui lui ont été présentées en 2008, lui qui possède une formation qui lui assure un regard avisé sur ce genre de dossier? Quand le conseiller Rouleau s’oppose à un projet, on l’entend. L’opposition de M. Sévigny, qui provient du milieu des média et en connait le fonctionnement, ne se serait pas rendue à nos oreilles?
Finalement, l’expérience montre qu’en matière de choix municipaux, ce sont les râleurs qui ont raison. Comme prévu par ces derniers, malgré des investissements publics massifs, la Cité des rivières n’a pas su attirer les touristes. On n’y rencontre que la population locale. De même, rien ne justifiait la vente à rabais du terrain le mieux localisé à Sherbrooke pour attirer un hôtel soi-disant indispensable à la venue de grands événements et de touristes. Les hauts taux d’inoccupation dans le domaine hôtelier montrent que les détracteurs avaient raison, encore une fois. Omaterra se passe de commentaire tellement la fin était prévisible. Et maintenant, le Centre de foires qui sera difficile à autofinancer sur une base annuelle, cela sans tenir compte du remboursement de la dette de neuf millions de dollars associée à la construction et des intérêts sur celle-ci. Au départ, le Centre devait générer un retour sur l’investissement. On en rirait si ce n’était pas si triste et répétitif.
Le prochain budget s’en vient et la Ville, malgré son endettement important, présentera encore des projets pour faire rêver les citoyens. Espérons que cette fois-ci, on écoutera les râleurs qui, vous l’aurez compris, sont beaucoup plus rationnels que la plupart des élus.
lundi 21 novembre 2011
Fonds de pension : ce dont on ne parle pas
Fonds de pension : ce dont on ne discute pas
La Tribune nous apprenait dernièrement que le déficit du fonds de retraite des employés municipaux (fonctionnaires et policiers) atteint maintenant 80 millions de dollars. On nous dit de plus que l'évaluation du déficit a été faite avant la dernière baisse des marchés boursiers. Ainsi, le déficit réel serait supérieur à ce montant important.
La progression du déficit a été fulgurante. Lors de la compagne électorale de 2009, le déficit était estimé à 40 millions de dollars. S'il est rendu à 80 millions deux ans plus tard, ce n'est pas parce que la Ville a laissé le déficit se creuser. Non, au cours des dernières années, la Ville a déposé de 4 à 5 millions de notre argent chaque année dans le fonds de pension. Malgré cela, le déficit s'est accru. Cette année et l'an prochain, la Ville devra prendre tout près de 9 millions de dollars de nos taxes et l'envoyer chaque année dans ce gouffre qui semble sans fond.
Cette situation navrante, même si elle touche la plupart des fonds de retraite à prestations déterminées, suscite des questions auxquelles les élus devraient répondre.
Premièrement, qui sont les gestionnaires du fonds? Quelle a été leur performance en termes de placement par rapport aux indices boursiers et autres indicateurs pertinents?
Deuxièmement, quelle est la partie du déficit qui est attribuable à la baisse des marchés financiers et quelle est celle qui est attribuable à la fusion municipale? Quand les villes se sont volontairement fusionnées dans la région, les conventions collectives qui ont été renégociées tout de suite après ont fait en sorte que tous les employés municipaux des anciennes banlieues se sont trouvés à bénéficier des mêmes conditions (plus avantageuses il va sans dire) que les employés de l'ancienne ville de Sherbrooke. On n’a sûrement pas demandé aux employés des banlieues de faire des contributions rétroactives additionnelles pour compenser leurs contributions passées qui étaient trop faibles par rapport à leur nouvelle situation (salaire plus élevé, régime plus généreux, etc.) et à l'accroissement des bénéfices qu'ils tireront de leur nouveau régime de retraite.
Enfin, pourquoi le premier chantier mis en branle par le maire Sévigny n'a-t-il pas porté sur le déficit du fonds de pension? Cette situation draine des sommes importantes sans donner de bénéfices additionnels aux citoyens. Il m’apparaît logique de s'attaquer en premier lieu aux problèmes qui donneraient des marges de manœuvre intéressantes une fois réglés, ou qui plombent considérablement notre situation financière. Le déficit du fonds de pension remplit ces deux critères.
Bien sûr, c’est la loi qui décide quel montant la Ville doit injecter dans le fonds de pension. Par contre, c’est à nos élus qu’il revient d’élaborer rapidement une stratégie pour venir à bout de cette situation avec le moins d’impacts négatifs possible et mettre fin au pelletage par en avant.
Hélène Dauphinais, économiste, Sherbrooke
vendredi 28 octobre 2011
La saga des bureaux de Revenu Québec
Le 8 octobre dernier, La Tribune nous apprenait que la Société immobilière du Québec annulait son appel d’offres pour la relocalisation des bureaux de Revenu Québec. Le ministre Bachand a déclaré prendre cette décision parce que l’exigence faite par la Ville d’installer les bureaux au centre-ville augmentait les coûts de 2 millions de dollars.
C’est certain que quand on parle de l’argent des autres et qu’on a affaire à des montants abstraits pour le commun des mortels, certains trouvent à dire que 2 millions ce n’est pas grand-chose. Pour ma part, je trouve que c’est important. Surtout si l’on prend conscience que le gouvernement doit prendre plusieurs décisions partout à travers le Québec à tous les jours. Si à chaque fois les décideurs se disent : « Bof, quelques millions de plus (jamais de moins), qu’est-ce que cela fait ?» on se retrouve alors avec un gaspillage qui atteint rapidement des proportions imposantes.
De toute façon, le scénario imposé par la Ville est-il réellement optimal? À la lumière des décisions récentes prises par la Ville (pensons à l’inutile règlement sur les logements complémentaires, au fiasco d’Omaterra annoncé avant même la première représentation, à la gestion passive du lourd déficit du fond de pension des employés de la ville), peut-on avoir confiance en la Ville quand elle veut nous convaincre de la nécessité de ce règlement intérimaire? Aurait-il été pertinent qu’un nouvel immeuble se construise sur la rue du Dépôt, à proximité d’une zone inondable, sur un terrain enclavé avec une seule voie d’accès ?
N’en déplaise au maire et aux nombreux conseillers silencieux, Fleurimont se développe rapidement et il est incorrect de dire que les bureaux s'y retrouveraient au milieu d'un champ et accroîtraient l'usage de l'automobile. Il y a déjà plusieurs autobus qui vont au CHUS à Fleurimont. Un arrêt de plus n’aurait pas changé grand-chose. Et à ceux qui disent que les gens n’auraient pas pris le transport en commun, je réponds que les gens ne le prennent guère plus pour aller au centre-ville. Un indice de la forte présence des autos au cœur de la ville? La rareté des stationnements, qui fait en sorte que le propriétaire de La Maison du cinéma a bataillé pour ne pas avoir à vendre ses si précieux stationnements au propriétaire de l’ancien immeuble Au Bon Marché.
À entendre les responsables du service d’urbanisme lors de la réunion d’information tenue le 28 septembre dernier, cela fait 20 ans que la Ville veut encourager la localisation des espaces à bureaux au centre-ville. Il n’y aurait donc là rien de bien nouveau sous le soleil sherbrookois. Pour ma part, il y a une différence énorme entre encourager et forcer. Surtout que les citoyens n’ont pas pu se prononcer sur ce changement musclé.
Le monde a tellement changé en 20 ans, que je me demande aussi si les orientations qui étaient valables à l’époque le sont toujours. En 1991, l'ordinateur personnel faisait son entrée dans les foyers québécois. Maintenant, on en retrouve plus qu'un dans plusieurs foyers. Les deux dernières décennies ont vu l’émergence du cellulaire, du télétravail et de plusieurs nouvelles formes de structures commerciales, qu’on pense au Dix30 ou aux « Power center » comme le Plateau St-Joseph. La ville s’est étendue avec la fusion et, pour beaucoup de personnes, le centre-ville est si éloigné que ce n’est pas un lieu qu’ils fréquentent. Mais on continue d’utiliser les mêmes outils pour le développer?
Un des problèmes que fait ressortir la saga des bureaux de Revenu Québec, c’est que la Ville se traîne les pieds dans le dossier du renouvellement du schéma d’aménagement et du plan d’urbanisme, ces deux documents datant respectivement de 1987 et 1991. Lorsque j’ai quitté le comité consultatif d’urbanisme en 2000, le processus de revue de ces documents était enclenché. Sans mise à jour, la Ville se voit obligée d’improviser, de gérer à la pièce, sans savoir si les décisions qu’elle prend correspondent aux aspirations de ses citoyens. La revue avortée du plan d’urbanisme autour de 2006 a montré qu’il existe parfois des écarts considérables entre ce que la Ville désire faire et ce que les citoyens attendent d’elle. La modification importante du zonage qui touchait des commerçants de Fleurimont a heurté les valeurs des citoyens en 2006. Dans le dossier des immeubles à bureaux, il s’agit encore une fois de retirer des droits à des citoyens qui ont fait l’acquisition de terrains de bonne foi.
Enfin, comment être convaincus que la Ville nous propose de bonnes solutions quand elle fait preuve d’un raisonnement parcellaire. En effet, pourquoi ne pas avoir au moins inclus une clause permettant l’installation de bureaux gouvernementaux à l’extérieur du centre-ville si un bâtiment existant et disponible est utilisé? On dit que Sherbrooke est une ville verte. On nous incite à composter pour permettre un développement durable. Dans cette perspective, l’usage d’un bâtiment existant est de loin supérieur à la construction d’un nouvel immeuble. Et l’énergie sauvée doit correspondre au bénéfice de plusieurs années de compostage! Une disposition de ce genre aurait dû être incluse dans le règlement intérimaire. Quand on gère le bien public, il faut garantir un certain équilibre entre les divers objectifs de la Ville. Bien sûr, quand on est pressé, on tourne les coins ronds.
Le monde a changé. On souhaiterait que nos élus changent eux aussi et s’adaptent aux défis de la présente décennie, tout en montrant un peu plus d’humilité. Je pense ici au maire qui pense encore dur comme fer qu’il n’y avait qu’une seule solution : la sienne.
samedi 22 octobre 2011
Un goufre sans fond et des questions
La Tribune nous apprenait cette semaine que le déficit du fond de retraite des employés municipaux (fonctionnaires et policiers) atteint maintenant 80 millions de dollars. Non seulement cela, mais on nous dit que l'évaluation du déficit a été faite avant la dernière baisse des marchés boursiers. Ainsi, le déficit réel serait supérieur à ce montant important.
La progression du déficit a été fulgurante. Lors de la compagne électorale de 2009, le déficit était estimé à 40 millions de dollars. S'il est rendu aujourd'hui à 80 millions, ce n'est pas parce que la Ville a laissé le déficit se creuser. Non, au cours des dernières années, la Ville a déposé de 4 à 5 millions de notre argent chaque année dans le fond de pension. Et malgré cela, le déficit s'est accru. Cette année et l'an prochain. la Ville devra prendre tout près de 9 millions d'argent en provenance de nos taxes pour l'envoyer chaque année dans ce goufre qui semble sans fin.
Cette situation navrante suscite des questions, qui resteront sûrement sans réponse de la part de la Ville.
Premièrement, qui sont les gestionnaires du fond. Quelle a été leur performance en terme de placement par rapport aux indices boursiers et autres ?
Deuxièmement, quelle est la partie du déficit qui est attribuable à la baisse des marchés financiers et quelle est celle qui est attribuable à la fusion municipale. En effet, quand les villes se sont volontairement fusionnées dans la région, les conventions collectives qui ont été renégociées tout de suite après on fait en sorte que tous les employés municipaux des anciennes banlieues se sont trouvés à bénéficier des mêmes conditions, plus avantageuses il va sans dire, que les employés de l'ancienne ville de Sherbrooke. On a sûrement pas demandé aux employés des banlieues de faire des contributions additionnelles pour compenser leurs contributions passées qui étaient trop faibles par rapport à leur nouvelle situation (salaire plus élevé, régime plus généreux, etc) et à l'accroissement des bénéfices qu'ils tireront de leur nouveau régime de retraite.
Enfin, pourquoi le premier chantier mis en branle par le maire Sévigny n'a-t-il pas porté sur le déficit du fond de pension ? C'est une bête énorme à nourrir, qui ne donne aucun bénéfice aux citoyens. Il faut s'attaquer enpremier lieu aux problèmes qui donnent des marges de manoeuvre intéressante une fois réglés, ou qui plombent considérablement notre situation financière. Le déficit du fond de pension remplit ces deux critères.
La progression du déficit a été fulgurante. Lors de la compagne électorale de 2009, le déficit était estimé à 40 millions de dollars. S'il est rendu aujourd'hui à 80 millions, ce n'est pas parce que la Ville a laissé le déficit se creuser. Non, au cours des dernières années, la Ville a déposé de 4 à 5 millions de notre argent chaque année dans le fond de pension. Et malgré cela, le déficit s'est accru. Cette année et l'an prochain. la Ville devra prendre tout près de 9 millions d'argent en provenance de nos taxes pour l'envoyer chaque année dans ce goufre qui semble sans fin.
Cette situation navrante suscite des questions, qui resteront sûrement sans réponse de la part de la Ville.
Premièrement, qui sont les gestionnaires du fond. Quelle a été leur performance en terme de placement par rapport aux indices boursiers et autres ?
Deuxièmement, quelle est la partie du déficit qui est attribuable à la baisse des marchés financiers et quelle est celle qui est attribuable à la fusion municipale. En effet, quand les villes se sont volontairement fusionnées dans la région, les conventions collectives qui ont été renégociées tout de suite après on fait en sorte que tous les employés municipaux des anciennes banlieues se sont trouvés à bénéficier des mêmes conditions, plus avantageuses il va sans dire, que les employés de l'ancienne ville de Sherbrooke. On a sûrement pas demandé aux employés des banlieues de faire des contributions additionnelles pour compenser leurs contributions passées qui étaient trop faibles par rapport à leur nouvelle situation (salaire plus élevé, régime plus généreux, etc) et à l'accroissement des bénéfices qu'ils tireront de leur nouveau régime de retraite.
Enfin, pourquoi le premier chantier mis en branle par le maire Sévigny n'a-t-il pas porté sur le déficit du fond de pension ? C'est une bête énorme à nourrir, qui ne donne aucun bénéfice aux citoyens. Il faut s'attaquer enpremier lieu aux problèmes qui donnent des marges de manoeuvre intéressante une fois réglés, ou qui plombent considérablement notre situation financière. Le déficit du fond de pension remplit ces deux critères.
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